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Pierre-Alain Poirier, artiste en résidence au Lycée Français Jean-Monnet


Présentation de Pierre-Alain Poirier, artiste en résidence au Lycée Français Jean-Monnet à Bruxelles

Né en 1988 à Pontoise, travaille à Bruxelles et Paris.

Pierre-Alain Poirier a étudié la peinture à la Kunsthoschule Berlin-Weißensse tout en validant un diplôme en image imprimée à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts décoratifs de Paris en 2012. C’est dans son atelier Berlinois qu’il engage un travail sculptural, fait d’artefacts glanés autour de son atelier. En 2014, il poursuit de nouvelles études à la Villa Arson dont il sort diplômé en 2016.

C’est nombreuses expériences lui ont donné un goût pour différents médiums qui vont de l’écriture à la sculpture, du dessin à la photographie. Il les combine sous la forme d’installations, entre rébus et indices, problématique sculpturale et approche narrative.

Il a exposé et participé à différents projets comme Morphing, Kanal-Centre Pompidou (festival Kanal Fabrik, 2019), Sur La page abandonnée, Les éditions extensibles, Palais de Tokyo (librairie), Wiels (2019), Permanent Vacation, Penthouse Art Residency, Harlan Levey Projects (Brussels, 2018), Nuits Albinos In-box, (Brussels, 2018), Les cheveux mauves L'Escaut Architectures, (2018), Discours Perdus Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles (2017), Rêvez ! Collection Yvon Lambert (Avignon, 2016).


"Parce que nous avons co-dirigé Grande Surface un "artiste-run-space" avec 9 autres artistes pendant un an à Bruxelles, je collabore de plus en plus avec d’autres personnes pour leur savoir-faire ou parce qu’elles me sont proches. Avec le danseur chorégraphe Antonin Rioche par exemple pour ma résidence à l’Escaut Architecture ou avec Soufiane, un sosie amateur de Michael Jackson qui, le temps d’une résidence au Penthouse Residency, Harlen Levey Projects, a rejoué entre désœuvrement et pas de danse technique la figure mythique de Michael Jackson. Plus récemment encore dans le cadre de l’exposition Accords une exposition curatée par Double Séjour et Journal d’un anosmique qui associait parfumeurs et artistes.

Souvent mes pièces sont d’ailleurs, par leurs titres même, réalisées pour une personne. Il s’agit d’offrir physiquement ou symboliquement à quelqu’un, comme pour Chaussures pour Antonin, une paire de chaussures de deux pieds gauches réalisée par des bottiers pyrénéens avec laquelle Antonin a dansé, ou encore les “vestes pour”, des vestes dans lesquelles je dissimule des livres aimés. Qu’une pièce puisse être “activée” me semble être primordial d’autant plus qu’une partie de mon travail est constitué de “mobilier” comme les lits de jour, les repose-têtes ou encore les
oreillers. Qu’ils soient remplis de fleurs et d’herbes séchées comme pour “oreiller pour Jacqueline Alain et Soseki”, ou constitués de matériaux divers, médicaments, ciments etc (repose-tête), ils sont pour moi des “objets contenants”, supports à rêves, possibles histoires, géographies variées que chacun peut se réapproprier.

Comme mon travail interroge en partie notre rapport au repos, à l’ennui ou au contraire à la production (positions allongées / verticalités forcées), il me parait intéressant de venir le confronter à un milieu scolaire. En prenant en compte les possibles et les contraintes de votre résidence (atelier, matériel à disponibilité, rencontres avec des enseignants, élèves), il me semble pertinent de me concentrer sur les axes suivants: -Dans un premier temps, cartographier (photographie / dessin) tout ce qui symbolise “l’entre-deux” autant spatial que temporel: couloir, interclasse, récréation qui pourtant participent d’une journée scolaire type. Ces espaces et temporalités en marge seraient pour moi le moyen de réinventer des formes en m’inspirant des objets et mobiliers scolaires, salle de
permanence, horloge...

Je me souviens qu’adolescent, comme presque tous les autres élèves de mon âge, je “n’arrivais pas” à m’asseoir normalement sur une chaise. L’usage fait d’un objet, d’un espace (escalier etc) était sans cesse détourné, parfois légèrement, une manière d’apprivoiser le monde ou de se distinguer, “plus ou moins consciemment”, dans les limites imposées par les rapports sociaux, le règlement. Appuyer sa tête sur sa main, s’adosser contre un mur, se balancer, tenir son téléphone, s’asseoir à plusieurs sur le dossier d’un banc, des gestes et des postures que je souhaiterais répertorier.

Ils relèvent autant de l’attention que de l’ennui, de la solitude que du groupe, plastiquement autant de la tension que de l’abandon. -Dans un second temps, partant de l’idée de reposes (têtes), je souhaiterais produire une série d’objets sculpturaux qui soulignent ces attitudes, inspirés des matières, couleurs préalablement observées et collectées. Ces faux tuteurs, objets au design presque inutile sont pour moi une manière de faire écho à des artistes que j’apprécie comme Franz West ou encore Bruce Nauman.

Bien sûr ces propositions forment une trame de fond qui reste ouverte. Ayant notamment une pratique d’écriture et d’édition, je serais enchanté de travailler avec des professeurs ou élèves dans le cadre d’un workshop édition par exemple. Mais je pense que ce sont des possibilités qui s’envisageront au début de l’année scolaire.

Je suis issu d’une famille de professeurs - notamment d’Arts Plastiques -, l’art, mais aussi l’aspect pédagogique nécessaire à son appréhension, a toujours eu une place centrale pour moi. D’une part j’ai moi-même passé un baccalauréat artistique et suivi une MANAA (mise à niveau en arts appliqués) à Olivier de Serres et de l’autre, j’ai travaillé comme assistant d’éducation au collège Saint-Germain de Charonne (Paris) et en tant que médiateur culturel au centre d’art de la Villa Arson à Nice. Ces expériences font que je sais organiser mais aussi rendre accessibles avec enthousiasme à un public, averti ou non, des problématiques artistiques variées ce qui me semble fondamental pour un artiste aujourd’hui. Enfin j’ai déjà eu la chance de participer à deux expositions au lycée Molière à Bruxelles.
Bien qu’inhabituel pour un artiste, ce contexte m’a beaucoup plu et j’aimerais pouvoir m’y confronter de nouveau plus intensément."

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